Aller au contenu
SpendKoin

Payer en bitcoin en Afrique : le continent que les classements oublient

Tout ce qu'on lit sur la crypto en Afrique parle de transferts d'argent et de plateformes d'échange. Presque rien sur les commerces qui l'acceptent — alors que le continent en compte plus que la France, l'Allemagne et l'Espagne réunies.

· chiffres relevés au chargement de la page

Le classement mondial des pays acceptant les cryptomonnaies place l'Afrique du Sud juste derrière les États-Unis — devant le Brésil, devant l'Italie, devant tous les pays d'Europe occidentale. C'est le fait le plus ignoré du sujet, et il n'apparaît dans aucun des articles qui traitent de la crypto sur le continent.

Voici ce que l'annuaire recense.

Ce que ce tableau montre

La concentration est extrême. Un pays domine si nettement que le reste du continent tient dans une fraction de son total. C'est la même configuration qu'ailleurs — l'adoption est locale, pas continentale — mais poussée plus loin.

Quelques pays émergent nettement derrière. Le Kenya et la Zambie apparaissent avec des réseaux réels, construits autour de quelques villes. Le Nigeria, le Ghana et la Tanzanie suivent avec des dizaines d'adresses.

Et la majorité du continent est absente. Sur les cinquante-quatre pays d'Afrique, une poignée seulement figure dans ce tableau. Il faut le dire franchement : pour la plupart, l'annuaire ne recense rien ou presque.

Ce que le tableau ne prouve pas

C'est la partie la plus importante, et celle que les articles sur le sujet sautent systématiquement.

Il mesure des commerces, pas des usages. Un pays peut avoir un usage massif de la crypto pour l'épargne, les transferts ou le commerce en ligne sans qu'aucun commerce de rue ne l'accepte. C'est probablement le cas de plusieurs pays absents de ce tableau, et l'annuaire ne le verra jamais.

Il mesure ce qui est cartographié. Les données viennent d'OpenStreetMap. Un pays où la communauté cartographique est peu active apparaîtra en retrait même si des commerces acceptent — et c'est un biais qui pèse plus lourd en Afrique qu'ailleurs, la couverture OSM y étant très inégale d'un pays à l'autre. Une partie de l'écart entre le premier et les suivants vient sans doute de là.

Il ne dit rien des causes. Pourquoi ici et pas là ? On peut avancer des hypothèses — l'instabilité monétaire, le coût des transferts, la présence d'une communauté technique, une initiative locale — mais l'annuaire ne les mesure pas, et il serait malhonnête de présenter une corrélation comme une explication.

Ce qui est vérifiable, en revanche

La composition des réseaux. Chaque page pays donne la répartition par catégorie, et l'on constate que les réseaux africains ressemblent à des économies ordinaires : commerces de détail et services devant la restauration, comme partout où l'adoption est installée plutôt que touristique.

La concentration urbaine. Comme sur les autres continents, l'essentiel tient dans quelques villes — le classement mondial des villes en compte plusieurs d'Afrique australe dans ses premières places, ce qui n'est pas anodin pour un continent qu'on croit absent du sujet.

Le réseau utilisé. Là comme ailleurs, le Lightning domine — voyez le guide sur les deux réseaux, dont la conclusion vaut sur tout le continent : sans portefeuille Lightning, on se ferme des portes.

Si vous vous y rendez

Les trois réflexes habituels valent doublement ici, parce que la densité de données est plus inégale.

Partez de la page du pays, accessible depuis la liste complète, pour voir dans quelles villes le réseau existe réellement avant de faire des plans.

Vérifiez la date de confirmation de chaque fiche. Un commerce recensé il y a deux ans dans un pays peu cartographié a plus de chances d'avoir changé qu'un commerce d'une ville dense où les contributeurs passent souvent.

Appelez. Le téléphone figure sur les deux tiers des fiches, et trente secondes valent mieux qu'un trajet.

Et si vous constatez qu'un commerce accepte sans figurer ici, ajoutez-le : c'est exactement sur les zones peu couvertes qu'une contribution change le plus de choses.